20/03/2010

I Love You Phillip Morris - Glenn Ficarra & John Requa



La question principale que pose le premier film de Glenn Ficarra et John Requa (en tant que réalisateurs) est : jusqu'où peut-on aller par amour ? Steve Russell, policier et père de famille modèle, fait un coming out tardif à la suite d'un accident de voiture. Afin de subvenir à ses besoins de nouveau gay, il défie la loi, ce qui l'amène à être incarcéré pour fraudes et usurpation d'identité. C'est en prison qu'il rencontre l'homme de sa vie, Phillip Morris, pour lequel il sera prêt à tout.

L'installation de l'histoire aurait mérité plus de subtilité et moins de vulgarité. On reste alors dubitatif devant une entrée en matière bancale. Mais ensuite, on se laisse aisément emporter dans cette comédie mélodramatique touchante. Dès l'apparition d'Ewan McGregor, le jeu de Jim Carrey prend tout son sens : la surprenante discrétion du premier mettant en valeur l'exubérance du second.
La performance de ces deux acteurs montre que l'on peut s'écarter de son statut de star et produire quelque chose de nouveau et de rafraîchissant sans tomber dans les clichés. Le couple Carrey-McGregor semblait improbable ; il fonctionne à merveille tant dans les moments comiques que dans les moments dramatiques. Et cette constante oscillation, qui multiplie les ruptures narratives, témoigne d'une belle direction artistique.
En revanche, certaines scènes ne sont pas indispensables et le film perd de sa vivacité. De plus, le public ne rit pas toujours aux bons moments. Certes, il y a des passages drôles dans I Love You Phillip Morris, mais le fait d'être homosexuel n'est pas amusant, si ? Peut-être est-ce le signe d'un malaise que de rire pendant les moments attendrissants que vivent ces deux hommes... Pourtant, ce n'est qu'une histoire d'amour entre deux personnes.

Inspiré d'une histoire vraie, c'est probablement ce détail qui rend le film aussi intéressant.

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire

De la critique positive et négative, oui ! Mais toujours construite et justifiée, merci !

L.